Thèse de doctorat Arts et Sciences de l’art, option Arts Plastiques (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
 
 
 
 
"Du divers à la relation : formes d’expérience"
Présentée et soutenue publiquement le 15 décembre 2008  
Sous la direction de Madame Anne-Marie Duguet. 
Obtenue avec les félicitations du Jury et la mention très honorable.
Membres du Jury:
- Jean-Paul Colleyn, Directeur d’études, Chargé de la division audiovisuelle, EHESS 
- Marc Pataut, Artiste, Professeur à l’École Nationale Supérieure des beaux-arts de Paris 
- Suely Rolnik, Professeur à l’Université Catholique de Sao Paulo 


Cette thèse se construit à partir d’une pratique artistique que je mène depuis 2003. Chaque projet se développe en collaboration grâce à des rencontres que je suscite en engageant une activité dans un territoire spécifique : pratique du tricot au sein d’une association des femmes maliennes, déplacement à pied entre Saint-Denis et Paris ou travail documentaire sur une pratique rituelle en Inde. En mettant à distance toute attitude orientaliste ou néo-primitiviste, il s’agit de penser la mise en œuvre de procédures de rencontres et d’échanges. Cette recherche privilégie donc une poétique de la Relation et une esthétique du Divers. La prise en compte des phénomènes de mondialisation et de globalisation s’impose car une partie des œuvres étudiées ont été réalisées en Inde, au Vietnam et au Cambodge, ou bien encore avec des personnes appartenant à d’autres cultures. De plus, ceci m’amène à considérer la perméabilité actuelle des frontières entre l’art et l’ethnographie. Concrètement, photographies, sculptures, performances et films prennent forme selon des modalités diverses allant de la restitution d’expérience à des actions collectives. L’expérience est vécue dans la durée de manière active selon une approche du contexte impensable sans la rencontre et la parole. Dans la mesure où toute pratique de l’activité hérite de la critique de la représentation et de la volonté de dématérialiser l’art, cette thèse se propose d’étudier de quelle nature sont les relations entre activité, documents et œuvres et ce que révèle leur création conjointe. Ceci permet donc de comprendre comment ces documents d’expérience font entendre la voix des personnes avec qui la collaboration a été menée, et comment ils créent et matérialisent des relations intersubjectives.

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This thesis is based on an artistic practice I have had since 2003. Each project has been developed in collaboration with the people I met while doing an activity within a specific territory : knitting in an association of Malian women, walking from Saint-Denis to Paris or working on a documentary about an Indian ritual. Far from any Orientalist or neo-primivist attitude, the point is to think the implementation of procedures for meetings and exchanges. Thus, this research favors a poetics of Relationships and an aesthetics of Diversity. Globalization phenomena also had to be taken into account because some of the artworks have been made either in India, Vietnam or Cambodia, or with people from other cultures. Moreover, this process led me to consider the actual permeability of the frontiers between art and ethnography. As a matter of fact photographs, sculptures, happenings and films developed through different processes ranging from the restitution of an experience to collective actions. The experiences involved taking part in the process : they took place over a certain length of time and in a specific context, which I couldn’t study without considering the words that were exchanged. If we consider that performance art has inherited the critique of representation and the desire to dematerialize art, this thesis is about the nature of the relationship between happenings, documents and artworks, and is meant to determine what their combined creation reveals. Eventually we should be able to understand how these live documents of experience are the actual voices of persons with whom the collaboration was conducted, moreover how they create and materialize intersubjectives relationships.