02 #88, Supplément édité à l'occasion des 20 ans du Grand Café — Centre d'art contemporain de Saint-Nazaire, hiver 2018-2019
 
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Marie Preston, Autogestion (Le Quilt des écoles), 2018. Production LiFE, Ville de Saint‐Nazaire et Le Grand Café — centre d’art contemporain. / Marie Preston, Émancipation (Le Quilt des écoles), 2018. Production LiFE, Ville de
Saint‐Nazaire et Le Grand Café — centre d’art contemporain. / Marie Preston, André Daniel, co-fondateur du lycée expérimental de Saint-Nazaire. À propos d’une élève, Photographie, 2018 / Marie Preston, Un réseau d’écoles expérimentales, 11’58, 2018. Production LiFE, Ville de Saint‐Nazaire et Le Grand Café — centre d’art contemporain.


Ce qui nous tient, ce à quoi nous tenons // Du 7 avril au 26 juin 2018. Au Granit, scène nationale de Belfort. Avec : Céline Ahond, Alain Bernardini, Camille Bondon, Jean-Baptiste Farkas, Lola Gonzalez, Julie Gouju & Adaline Anobile, Anne Immelé, Joséphine Kaeppelin, Jérémy Laffon, Camille Llobet, Violaine Lochu, Aline Morvan, porte renaud, Marie Preston, Sébastien Rémy & Cyril Verde,  Matthieu Saladin, Fabien Steichen, Annie Vigier & Franck Apertet (les gens d’Uterpan), Marianne Villière. Une proposition de Mickaël Roy, commissaire associé.

 

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Vue de l’exposition « Les enfants d’abord ! », production LiFE – Ville de Saint-Nazaire, programmation hors les murs du Grand Café – centre d’art contemporain, Saint-Nazaire, 2018
Photographe Marc Domage
Marie Preston, « Le Quilt des écoles », 2018, en coopération avec Charline, Fleur, Marie, Louna,
Myrha, Maude et Paul du Lycée expérimental de Saint‐Nazaire et François Deck, artiste. Installation in progress, Coton épais, ouate, impression avec tampons gomme, 500 x 680 cm. Production LiFE, Ville de Saint‐Nazaire et Le Grand Café — centre d’art contemporain


Les enfants d'abord ! // Du 27 janvier au 1er avril 2018, Vernissage jeudi 1er février à 18h30. Au LiFE – base des sous-marins, Saint-Nazaire avecPriscila Fernandes - Ane Hjort Guttu - Adelita Husni-Bey - Liz Magic Laser - Marie Preston


"Le Quilt des écoles s’inscrit dans une recherche, [Co-], menée par l’artiste sur les pédagogies alternatives et leurs rapports aux pratiques artistiques de co-création. Partie à la rencontre de personnalités ayant participé à la refondation les espaces et les méthodes éducatives dans les années 70, à Paris, à Grenoble et à Saint-Nazaire, Marie Preston met l’accent sur le couple de pédagogues Rolande et Raymond Millot. Tels des incantations à mettre en œuvre une société éducatrice par la coéducation, l’ouverture sur la ville et la coopération, on retrouve sur le tapis des extraits d’un entretien avec le couple à l’origine de deux projets éducatifs alternatifs exemplaires : l’école Vitruve à Paris et les écoles de La Villeneuve à Grenoble. En parallèle de l’exposition « Les enfants d’abord ! », un autre tapis, Le Quilt des Causeries, est activé avec un groupe d’enfants à Brétigny en région parisienne en collaboration avec le Centre d’art de cette même ville qui accueille la résidence [Co-].
 
Le Quilt des écoles initie également une coopération artistique avec un groupe du Lycée expérimental de Saint-Nazaire et poursuit celle ayant eu lieu autour d’Un Compodium avec l’artiste François Deck. Durant l’exposition, le quilt sera en permanente reconfiguration, nourri par les discussions, les expérimentations avec les lycéennes et « Le cours de dessein » proposé par François Deck. Cette enquête commune et subjective aura comme objet les rapports entre architecture et « école ouverte », une des alternatives pédagogiques au cœur du Lycée expérimental reposant sur son décloisonnement et sa perméabilité avec l’extérieur. Cette coopération permettra également de montrer comment ces expérimentations sont régulièrement remises en cause. Dans le cas du lycée, cela advient par la soumission à des questions de normes architecturales coûteuses qui le mettent en péril.
L’œuvre, au statut hybride, entre espace documentaire et assise d’expérimentation in progress, présente trois vidéos qui permettent de comprendre les idées fondatrices de ces projets.
 Le reportage de Jacques Brissot « Le mythe du cancre » (1971) se déroule dans la future école expérimentale, Vitruve. Le directeur de l'école, Robert Gloton pédagogue et président du Groupe français d'éducation nouvelle évoque son projet d'école tourné vers la formation et l’émancipation de l’élève grâce à une organisation et une gestion nouvelle de l’école.
Le film documentaire de Jacqueline Margueritte intitulé « À la Villeneuve de Grenoble » (1973) montre la mise en œuvre d’une utopie à l’échelle d’une ville nouvelle afin de créer une forme de vie communautaire. Architectes et pédagogues du projet socio-éducatif évoquent les origines du projet et comment les enfants se sont appropriés celui-ci pour mieux le réinterpréter.
Enfin, pour mettre en perspective ces expérimentations des années 70, Marie Preston a réalisé un entretien avec Jean Foucambert, ancien inspecteur pédagogique inscrit à l’INRP en charge de la coordination des écoles expérimentales de 1973 à 1984. Ce dernier revient sur le contexte ayant permis ces recherches-action, ce qu’elles sous-entendaient et les raisons qui les ont finalement faites disparaître autour de 1983."
 
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"Le goût de la co-gestion, Le Lycée expérimental de Saint-Nazaire", Échange entre Maude Mandart, Marie Preston et Marie Yonnet, dans "Rêver l'école, contre-cultures pédagogiques" 303 arts, recherches, créations, n°155, 2019, pp. 52-58.

[…]
 
Marie Preston : Pour poursuivre la réflexion sur le « bâtiment » et l’architecture scolaire, j’ai proposé à l’artiste François Deck, qui avait alors commencé des « cours de dess(e)in », de concevoir ensemble une proposition à vous faire. Il nous semblait important que celle-ci soit suffisamment autonome pour pouvoir se poursuivre sans nous et qu’elle accompagne réellement vos revendications concernant le maintien du lycée dans ses locaux actuels. L’architecture nous permettait de poser la question du collectif. Ce bâtiment et l’imaginaire qui lui est lié s’incarnent dans les désirs de chaque lycéen et membre de l’équipe éducative. Pour en rendre visibles la complexité et la richesse, nous avons proposé un format (A5) et avons soumis ce message : « Contribuez au Grand Dess(e)in du bâtiment du Lycée expérimental en devenir ». Cela permettait à tous ceux qui le voulaient d’y contribuer. La publication qui en résulte, Réinventons l’école, encore et toujours, s’adresse à celles et ceux qui souhaitent comprendre l’attachement, l’usage, l’imaginaire, l’alternative pédagogique liés à ce lieu.
 
Maude Mandart : Votre proposition avec François Deck s’est étendue à l’ensemble du lycée. Nous nous sommes surnommés « les dessinacteurs » et avons collecté « les rêves inventions » (François Deck) de chacun pour en former une édition
particulière, vivante, pensée comme des tracts. Il nous semblait important que cette forme d’édition-manifeste – comme les actions autour et sur le Quilt – ne soit pas figée mais participe à imaginer et partager notre Dessein."
 
 
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