PAIN COMMUN, Boulanger : levains, rituels et pratiques, 1er février 2020, avec Christine Armengaud, Delphine Sicard et le Pain des Venelles, Ferme du Buisson © photo Émile Ouroumov.

 

PAIN COMMUN, Boulanger : levains, rituels et pratiques, 1er février 2020, avec Christine Armengaud, Delphine Sicard et le Pain des Venelles, Ferme du Buisson © photo Émile Ouroumov.

PAIN COMMUN, Boulanger : levains, rituels et pratiques, 1er février 2020, Avec Christine Armengaud, Delphine Sicard et le Pain des Venelles. Ferme du Buisson © photo Émile Ouroumov.

PAIN COMMUN, Boulanger : levains, rituels et pratiques, 1er février 2020, avec Christine Armengaud, Delphine Sicard et le Pain des Venelles, Ferme du Buisson © photo Marie Preston
PAIN COMMUN, Boulanger : levains, rituels et pratiques, 1er février 2020, avec Christine Armengaud, Delphine Sicard et le Pain des Venelles, Ferme du Buisson © photo Émile Ouroumov.
PAIN COMMUN, Boulanger : levains, rituels et pratiques, 1er février 2020, avec Christine Armengaud, Delphine Sicard et le Pain des Venelles, Ferme du Buisson © photo Émile Ouroumov.
PAIN COMMUN, Boulanger : levains, rituels et pratiques, 1er février 2020, avec Christine Armengaud, Delphine Sicard et le Pain des Venelles, Ferme du Buisson © photo Émile Ouroumov.

PAIN COMMUN, Boulanger : levains, rituels et pratiques, 1er février 2020, avec Christine Armengaud, Delphine Sicard et le Pain des Venelles, Ferme du Buisson © photo Émile Ouroumov.

 

La conférence pétrissante est construite autour d’un atelier collectif de boulange. Interventions des invités, questions des participant·e·s, pétrissages, façonnages et cuissons se sont mêlés pour mener à la fabrication d’un pain Femme debout. Les paroles échangées se sont mélangées à l’air incorporé ensuite dans la pâte.

Christine Armengaud, ethnologue, présenta son expérience de collectage de récits et de pratiques autour de la boulange, travail qui a donné lieu à une exposition et un livre Diable sucré, Gâteaux, cannibalisme, mort et fécondité (2000). Delphine Sicard, chercheuse en écologie et génétique microbienne, présenta son projet de recherche ANR BAKERY. Ce projet initié en 2014 à l’INRAE, regroupant chercheur·e·s, boulanger·ère·s et paysans-boulanger·ère·s, vise à promouvoir la conservation de la biodiversité et la durabilité des systèmes alimentaires. 

Le pain fut cuit sur place grâce au four mobile d’Arno et Céline du Pain des Venelles.

 

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Photos Céline Bertin
Photo Céline Bertin
PAIN COMMUN, Première chauffe du Four Commun (Prototype #1), 19 janvier 2020 , Ferme du Buisson, © photo Céline Bertin
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© Céline Bertin
© Marie Preston
Photo : Emile Ouroumov, 2019
Maison Boulange
Exposition Marie Preston - Du pain sur la planche, La Ferme du Buisson, 1 décembre 2019 - 1 mars 2020

Marie Preston, Maies (Line) # 1, 2019 / Maies (Carole) # 2, 2019 / Maies (Loyce) # 3, 2019 / Maies (Aranka) # 4, 2019 / Maies (Samia) # 5, 2019
Production Ferme du Buisson 

Loyce Kragba, des noeuds, 2019
Production Ferme du Buisson

 
"Le pôle consacré à la boulange dans l'exposition D Pain sur la planche, à la Ferme du Buisson, ne se cantonne pas uniquement au pain façonné par le boulanger, il invite à réfléchir et prendre conscience d’une chaîne de gestes qui s’étend de la terre où les grains poussent au réseau de production et de consommation. Marie Preston, avec le groupe du PAIN COMMUN, explore l’histoire du pain,
des cultures de blés et des enjeux qu’elles soulèvent (économiques, sociaux, culturels, politiques…). Au travers des outils et travaux présentés, les membres du PAIN COMMUN attirent notre attention sur les normes, l’uniformatisation et la sur-exploitation imposées par l’industrie agro-alimentaire et nous invitent à participer à cette recherche ouverte et collective autour du pain." Journal de l'exposition Du Pain sur le planche, La Ferme du Buisson
 
"Si les farines et l’eau sont les principaux ingrédients nécessaires à la fabrication du pain, le pétrin – aussi appelé maie – est le lieu où le·la boulanger·ère et les ingrédients vont interagir, échanger des énergies pour peu à peu donner vie au pain. Cet outil servant à la préparation de la pâte et à son pétrissage était déjà utilisé au Moyen Âge. Afin d’apporter plus de confort aux boulanger·ère·s dans le
travail de la pâte, certaines règles ont été établies. Chacune des parties du pétrin est une sorte de prolongement du corps humain de son·sa utilisateur·rice : ici, leur longueur correspond à la taille de chacune des membres du groupe. Tout en s’inspirant d’une tradition
boulangère artisanale, les maies de Marie Preston s’adaptent, notamment à hauteur d’enfant à l’image du mobilier scolaire, pour que chacun·e puisse participer. Les Coudes, permettant de relier et agencer les pétrins entre eux, matérialisent l’individualité de chacune au sein du PAIN COMMUN. Mobiles et pouvant être combinés de différentes façons, ces pétrins nous offrent la possibilité, dans le cadre d’ateliers, de donner vie à des pains communs, où les discussions-pétrissantes de chacun·e·s nourriront et gonfleront les pains d’un souffle de vie collectif." Journal de l'exposition Du Pain sur le planche, La Ferme du Buisson
 
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Photo : Emile Ouroumov, 2019
Photo : Emile Ouroumov, 2019

Journal Commun, 2019
Avec la participation de Samia Achoui, Carole Fritsch, Line Gigot, Martine Guitton et Marie Preston
Design graphique par Marion L’Helguen
Impressions Riso, dimensions variables
Production La Ferme du Buisson

 

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Vous pouvez lire le Journal Commun ici.

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À propos des ateliers PAIN COMMUN, voir l'article de Jérôme Dupeyrat, S’éduquer ensemble, par l’intermédiaire du monde / Teaching Each Other, Mediated by the World, dans Esse, Arts + Opinions, "Savoir", n°98, Hiver 2020
 
“Dans le futur, aura-t-on besoin de nos deux mains pour faire du pain ?” Atelier du 6 mars 2017, Maison des associations, Saint-Denis
Le journal du PAIN COMMUN retrace l’histoire du groupe, initié en 2018 par Marie Preston lors de sa résidence au centre d’art Synesthésie – MMaintenant à Saint-Denis. Ce groupe de femmes volontaires s’est constitué autour de la fabrication de pains. Depuis deux ans, elles vivent ensemble une expérience collective qui se construit de la singularité de chacune, nourrie par leurs savoir-faire, cultures, pratiques et parcours de vie. Ce projet du PAIN COMMUN implique de repenser l’articulation des membres entre elles selon les projets, notamment lorsque des partenariats institutionnels sont tissés. Leurs réunions se font en deux temps, des rencontres avec
des personnes liées à leurs recherches : paysan·ne·s, boulanger·e·s, conservateur·trice·s de musées, céramistes... et des moments de boulange, qui sont notamment l’occasion de pétrir autour de lectures écoféministes. Ces échanges autour du pain avec différents acteur·trice·s de la « chaine boulange » donnent forme à des créations artistiques plurielles et collectives qui se nourrissent de l’énergie de ses co-créatrices. Cette frise raconte l’histoire du groupe qui s’inscrit dans un temps long – comme celui du pain qui doit lever – et toujours en cours.
 
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PAIN COMMUN, Four Commun (prototype #1), 2019. Avec la participation de Samia Achoui, Aranka et Jean-Claude Cadene, Carole Fritsch, Line Gigot, Martine Guitton, Loyce Kragba et Marie Preston, Argile et briques réfractaires artisanales, 90 x 90 x 80 cm. Exposition Marie Preston Du pain sur la planche, Ferme du buisson. Photo : Emile Ouroumov, 2019

Arsinée André, Des pieds, des mains, des ventres-fours, 2019. Avec la participation de Samia Achoui, Norhane Azam, Aranka et Jean-Claude Cadene, Marc Enjalbert, Carole Fritsch, Line Gigot, Martine Guitton, Loyce Kragba et Marie Preston. Vidéo couleur, sonore, 33 min
Production La Ferme du Buisson. Photo : Emile Ouroumov, 2019. 
Exposition Marie Preston Du pain sur la planche, 1 décembre -1 mars 2020.  

Les prototypes de fours et le film Des pieds, des mains, des ventres-fours documentent un week-end d’atelier que les membres du PAIN COMMUN ont passé en septembre 2019, chez le céramiste Marc Enjalbert, à Souvigny (Allier). Ce séjour était la première matérialisation de leur réflexion sur Le Four Commun, projet de four à pain collectif au 110, Centre Socioculturel Coopératif, voté au Budget Citoyen de la ville de Saint-Denis.
On retrouve dans le travail de la terre et de l’argile des gestes et étapes similaires à celles de la boulange artisanale. Notamment dans l’importance du toucher et la pratique de la matière. Chacun·e a une autonomie dans son travail et son tâtonnement mais au sein d’un espace-temps partagé qui nourrit les échanges et réflexions, individuelles ou collectives. Au sein du groupe, Marc Enjalbert formule
le lien entre idée et pratique et facilite une approche entre savoir-faire et expérimentation.
Le Four Commun (prototype #1), les cloches à cuire, les moules, les marques à pain et les photographies sont autant d’objets qui témoignent de ces rencontres entre l’humain et son environnement dans une dimension tant géologique, écologique que plastique. Ils continuent de réunir après leur création puisqu’ils vont permettre de cuire du pain et de le partager. Le Four Commun (prototype #1) sera notamment activé pendant l’exposition. Les marques à pain quant à elles permettent de singulariser un pain dans un processus
de cuisson collective.
 
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Ch. 3 : Radiotransmissions
 le 21/09 de 18h30 à 22h en direct sur  *DUUU radio   ( Folie Observatoire N4 , Parc de la Villette, Paris). Une proposition de Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar avec Stéphane Daubilly (enseignant Freinet), Étienne Davodeau (auteur de bandes dessinées), Vincent Epplay (artiste et musicien), Richard Leroy (vigneron), Jean-Yves Mas (professeur de SES), le groupe PAIN COMMUN initié par Marie Preston (artiste et chercheuse) avec Line Gigot, Loyce Kragba, Martine Guitton, Aranka Cadene, Graziella Semerciyan et Samia Achoui, ainsi qu'Irène Pereira* (sociologue et philosophe de l'éducation)

 
 
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L'un dit surfer sur le levain, l'autre travailler avec des blés de population, l'une dit que donner, chaque jour, le pain invendu est joli, l'autre nous rappelle le temps où le pain nourrissait, nourrissait vraiment. Leurs fournils sont éphémères, solidaires, conquérants, brichetons. Le pain y est de toutes céréales et chaque fois excellent. Mais comme la brique ne résulte pas seulement de l'argile placée dans un moule, le pain n'est pas qu'une pâte façonnée par le boulanger. Sa qualité est issue d'une chaîne de gestes qui s'étend de la terre où les grains pousseront au réseau de distribution des tourtes et des brioches.

Mais après ? Comment agir ces pensées-gestes de la boulange qui favorisent toutes les formes de bio-diversité, environnementale, culturelle, sociale, subjective, animale ? Comment le faire à Saint-Denis, la ville où les archéologues identifient des fours " à sape " moyenâgeux, une de ces villes de la Plaine des Vertus qui alimentait Paris de ces cultures maraîchères jusqu'au milieu du XX° siècle ?

 

En rassemblant des personnes volontaires, en prenant le temps que la pâte lève, en discutant de nos gestes, en boulangeant ensemble, en goûtant. Le Pain Commun se place du côté de l'art de l'enquête, tel que le définit l'anthropologue Tim Ingold pour qui " Le praticien cherche à laisser la connaissance croître à la faveur d'une observation et d'un engagement pratique auprès des êtres et des choses qui l'entourent. " " Laisse croître la connaissance " par les formes et rencontres auxquelles nous prenons part.

 

Le Pain Commun ne peut donc avoir lieu qu'à plusieurs, habitant·e·s apprenti·e·s boulanger·e·s du dimanche et, pour commencer, boulanger·e·s engagé·e·s quotidiennement dans sa fabrication. Cette expérience se construit de la singularité de chacun·e·s, de chaque culture, de chaque pratique, de chaque savoir-faire, nourrie par nos expériences et parcours de vie.

 

Le Pain Commun a été accompagné par Synesthésie MMAINTENANT en 2018

 

Marques à Pain, atelier du 6 avril 2019, au 110, centre culturel et social coopératif, Saint-Denis
"Anarchie", Atelier avec Julieta Garcia Vasquez, le 11 juin 2018, Palais de Tokyo 
© Marie Preston
"Déesse", Atelier du 19 octobre 2018, à l'AMAP de Saint-Denis